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Les indignés, le bébé et l’eau du bain!

La crise financière suivie par la crise de la dette de nombreux pays «riches» suscitent un mouvement d’incompréhension.

 
2012 sera une bonne année…
    ... pour autant que toutes les bonnes volontés de notre pays se mobilisent pour ce faire. 
 
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Les indignés, le bébé et l’eau du bain!

La crise financière suivie par la crise de la dette de nombreux pays «riches» suscitent un mouvement d’incompréhension.


 

Par Patrick Eperon - La crise financière suivie par la crise de la dette de nombreux pays «riches» et un début de récession suscitent un mouvement d’incompréhension et de révolte de la part de citoyens des pays industrialisés, dont certains n’hésitent pas à camper en des lieux symboliques (Wall Street, Paradeplatz à Zurich) sous la bannière des «indignés».

 

Il s’agit de ne pas sous-estimer ce phénomène, qui rappelle les débuts de mai 1968, mouvement qui a entraîné de profonds bouleversements. En effet, les motifs de colère sont nombreux, à commencer par la rapacité dont ont fait preuve de nombreux «managers», encaissant des salaires et des bonus vertigineux sans risquer pour l’essentiel leur propre argent, à la différence majeure des patrons au sens historique du terme. De fait, une minorité de technocrates, parvenue au sommet de très grandes entreprises, à commencer par des banques d’importance mondiale, a presque réussi à faire oublier, par ses excès scandaleux, les tares incurables des économies planifiées, dont l’effondrement est symbolisé par la chute du Mur de Berlin.

 

Dérives socialisantes contre…

Ainsi, un candidat à la candidature socialiste à la présidence de la République française a pu récolter un nombre significatif de suffrages en prônant la «démondialisation», pseudo-option louée ensuite par un candidat au Conseil national dans les colonnes d’un périodique lausannois. Or, une telle démondialisation n’a de sens ni pour la Suisse, qui gagne un franc sur deux à l’étranger, ni même pour la France, qui creuse en bonne partie son déficit commercial chronique avec… l’Allemagne et la Belgique, dont on conviendra qu’il ne s’agit pas de pays éloignés, marqués par l’absence de préoccupations sociales !

Sur un autre plan, la crise à épisodes de la dette grecque a suscité certaines sympathies fondées sur l’image du combat d’un pauvre David hellène contre un Goliath capitaliste, affameur sans visage et sans scrupule. Or, cette image ne correspond pour l’essentiel pas à la vérité. La Grèce a pu en effet à la fois rejoindre la zone euro sur la base de données faussées et vivre à crédit pour financer des dépenses sociales ainsi qu’une fonction publique pléthoriques, au point que sa dette représente l’équivalent de 160 % de son produit intérieur brut, contre moins de 40 % pour la Suisse.

 

… économie sociale de marché et modèle suisse

Car il est un fait que la Suisse fait mieux que bonne figure parmi les pays industrialisés. Pour rappel, en effet, notre pays est à la fois social et ouvert sur le monde. Il était très compétitif jusqu’à ce que l’effondrement du dollar et de l’euro, résultant de l’endettement dans la durée des Etats-Unis et de nombreux pays de l’UE, ne déclenche la crise du franc fort.

Loin donc de se tourner vers d’énièmes versions de planification de l’économie, sous la forme par exemple de ruineuses politiques industrielles et sociales «à la française», il s’agit pour notre pays de demeurer fidèle aux principes de l’économie sociale de marché, conçue en Allemagne et fondée sur les deux principes indissociables que sont la liberté économique et la responsabilité sociale.

Ces principes devraient inspirer les indignés, qui ne manqueraient pas d’être floués s’ils avaient la mauvaise idée d’élire des marchands d’illusions. A ce titre, on ne saurait trop insister sur le fait que les pays industrialisés ne peuvent plus vivre à crédit, ne serait-ce que parce qu’ils ne constituent plus les seules puissances d’aujourd’hui, pour ne pas parler des puissances de demain.

Il s’agit donc de ne pas jeter le bébé, à la fois capitaliste et social, avec l’eau du bain, à savoir les excès du capitalisme financier à la mode anglo-saxonne. Dans ce but, il faut que les pays industrialisés adoptent des mesures fortes et adéquates, comme l’augmentation des fonds propres des banques, le renforcement des autorités de surveillance des marchés financiers et le désendettement.

Est-ce d’ailleurs un hasard si la Suisse a précisément mis en œuvre toutes ces mesures ?