... pour autant que toutes les bonnes volontés de notre pays se mobilisent pour ce faire.
Par Marcel Delasoie - En effet, les écueils qui jalonneront la route des entrepreneurs de notre pays seront nombreux et relativement imposants. Certains pourront être évités en souquant ferme à tribord (à droite dans le jargon marin).
Il s’agit :
- de l’initiative «6 semaines de vacances pour tous» que nous a concocté «Travail.Suisse», syndicat qui porte de plus en plus mal son nom. 6 semaines de vacances signifient ni plus ni moins qu’une augmentation de 50 % des vacances actuellement prévues par la loi. 6 semaines de vacances payées correspondent pour le patron à une augmentation de 4,72 % de la charge salariale pour chacun de ses ouvriers, soit 7 ans d’évolution de l’indice suisse des prix à la consommation. Les ouvriers sont-ils prêts à sacrifier les augmentations salariales des 7 prochaines années pour 2 semaines de vacances supplémentaires ? Posée comme ça, la réponse leur paraîtra moins évidente;
- de l’initiative de l’inusable Franz Weber demandant de limiter les surfaces des résidences secondaires à 20 % des zones constructibles du territoire de chaque commune. Or, pas besoin de grandes explications pour démontrer que si Charrat n’aura pas de peine à respecter ce quota, il n’en va pas de même pour des communes comme Bagnes, Veysonnaz ou Hérémence.
- de l’initiative «pour un salaire minima de Fr. 4000.–» (en cours de récolte des dernières signatures, mais qui a, d’ores et déjà, dépassé les 100 000 paraphes nécessaires). Par cette initiative le syndicat Unia (comme vous le constatez chaque syndicat y va de son credo) porte un coup sérieux au partenariat social qui a fait la prospérité de notre pays. Comment imaginer que cette initiative n’ait pas de conséquences sur la fixation des salaires minimaux dans les différentes conventions collectives de travail proposant pour la majorité d’entre elles, des salaires supérieurs. Comment expliquer également que certains secteurs ne générant qu’une faible valeur ajoutée, à l’instar de l’agriculture, puissent être compétitifs face à une concurrence qui, de surcroît, bénéficie de la faiblesse de leur monnaie. Et puis, le climat social français avec son SMIG est-il si enviable que ça ? Une initiative cantonale similaire, mais qui demande Fr. 3500.– et lancée par notre postier-communiste local, a également abouti et devra donc être soumise au peuple souverain.
- de l’initiative «pour la limitation de l’immigration massive» lancée à des fins de visibilité électorale mais qui, de l’aveu même du grand gourou, n’a pas porté l’effet escompté et qui, on peut l’espérer, ne devrait pas aller jusqu’au bout si les initiants font preuve d’un tant soit peu de responsabilité.
Voilà quelques sources de préoccupation. Si l’on ajoute à ce tableau les inquiétudes dues au climat économique mondial et à notre monnaie qui plafonne à un niveau difficilement supportable pour notre industrie d’exportation et notre tourisme, il y aurait de quoi frissonner.
Mais, a contrario, si l’on considère que globalement notre pays a traversé la crise des subprimes, ses conséquences et ses catastrophes annoncées mais heureusement pas réalisées, si l’on observe le comportement de notre marché intérieur qui s’est sereinement maintenu, boosté qu’il a été par les effets positifs de l’entrée en vigueur des accords bilatéraux, pas de quoi broyer du noir non plus.
Gardons confiance, continuons à travailler, produire et commercer avec tout notre savoir-faire et notre pugnacité et qui sait, peut-être que 2012 sera aussi bonne que l’on peut raisonnablement l’espérer. C’est ce que je souhaite, à chacune de vos entreprises. |